4-7 juil. 2016 Mons (Belgique)
Analyse de dispositifs d'évaluation de grands groupes à l'université
Cristelle Cavalla  1@  , Alice Burrows  1@  , Grégory Miras  2, 3@  , Jose Aguilar  1@  , Martine Pons-Desoutter  4@  
1 : Didactique des langues, des textes et des cultures  (DILTEC)  -  Site web
Université Paris III - Sorbonne nouvelle : EA2288
46, rue Saint-Jacques 75005 Paris cedex 05 -  France
2 : Centre de Linguistique Inter-langues, de Lexicologie, de Linguistique Anglaise et de Corpus-Atelier de Recherche sur la Parole  (CLILLAC-ARP)
Université Paris Diderot - Paris 7
3 : associé au laboratoire de didactique des langues, des textes et des cultures  (DILTEC)
Université de la Sorbonne nouvelle - Paris III
4 : Le Laboratoire de Linguistique et Didactique des Langues Etrangères et Maternelles (  (LIDILEM)
Université Stendhal - Grenoble III

Face à des modifications sociétales ou institutionnelles qui font évoluer les espaces d'enseignement-apprentissage, les enseignants sont amenés à repenser leurs pratiques pour les adapter à des contextes en mutation (Annoot & Fave-Bonnet, 2004 ; Duguet & Morlaix 2012 ; Lison & Jutras, 2014 ; Berthiaume & Reget-Colet, 2013).

Le projet, dont il est question dans cette communication, mené au sein de l'université Sorbonne-Nouvelle Paris3[1], vise à questionner l'évaluation des grands groupes en licence. En effet, l'arrivée de nouveaux publics à l'université (Annoot, 2012 ; Romainville, 2000 ; Romainville & Michaut, 2012), ainsi que des modifications structurelles[2], ont provoqué une augmentation rapide du nombre d'étudiants inscrits dans de nouveaux cours que propose le département de Didactique du Français Langue Etrangère et Seconde (DFLES) de cette université. Pour autant, le nombre d'enseignants n'a pas suivi cette augmentation des effectifs étudiants et la prise en compte de ces derniers doit se faire à coûts constants. Ce qui conduit à une situation problématique concernant l'évaluation des grands groupes (200 étudiants) du DFLES en première année de Licence (Leclercq et al., 2006 ; Colaux et al., 2013). En effet, du côté de l'enseignant, il est compliqué d'évaluer autant de copies tout en restant objectif et côté étudiants, il est difficile de mesurer leurs connaissances dans les conditions d'un examen de fin de cours magistral. En outre, les enseignants concernés développent, dans d'autres cours, des approches pédagogiques qui privilégient le travail de groupe et la collaboration. Dans ces autres cadres, il s'agit de donner à voir et commenter, notamment, des techniques de médiation pédagogique, ce qui paraît difficilement envisageable avec 200 étudiants.

De fait, notre questionnement s'articule autour d'une contrainte : celle du nombre élevé de copies à corriger et les exigences de retours de qualité en direction des étudiants afin de mieux cerner – avec eux – leurs nouvelles connaissances. Cette contrainte, nous avons tenté de la lever via le développement de démarches pédagogiques permettant une évaluation formative en grand groupe, et l'utilisation d'outils spécifiques (une plateforme numérique notamment). Plusieurs enseignants-chercheurs et doctorants du département, ont accepté de revoir leurs pratiques pédagogiques afin d'engager une démarche réflexive autour de l'évaluation de ces grands groupes. Les outils mis en place sont multiples : des outils de veille pour les enseignants (journal de bord, enquête...), des outils pédagogiques pour l'enseignement (bibliographie commentée, plateforme numérique...).

Les analyses porteront sur ces différents éléments même si la priorité est donnée ici à la fois aux documents créés pour l'évaluation et aux dispositifs didactiques mis en place. L'analyse simultanée des pratiques, des dispositifs et des résultats encourageants obtenus par les étudiants, invite à penser que nous pourrons comprendre ces éléments voire cerner un peu les mécanismes en place dans de tels dispositifs auprès de grands groupes d'étudiants. Reconnaissons alors la question qui nous taraude : à quoi est-on aujourd'hui en mesure de répondre ?

Pour résumer, notre communication a pour double objectif de 1/ présenter les analyses des dispositifs d'évaluation formative puis sommative, développés auprès de 200 étudiants dans le cadre de deux cours de première année de Licence en DFLE ; 2/ comprendre l'impact de ces dispositifs dans le développement des connaissances des étudiants. Les questions en suspens touchent simultanément au contexte qui nous a conduit à nous interroger sur l'évaluation de grands groupes et donc sur de nouveaux dispositifs ; à la pertinence de telles questions et donc de tels changements tant pour les enseignants que pour les étudiants ; enfin, aux enjeux liés à de tels changements.

Ainsi, après un bref cadrage théorique et méthodologique, nous décortiquerons les dispositifs dans l'espoir de trouver des réponses à nos questions ou réussir à poser celles qui nous ferons avancer dans notre compréhension de l'évaluation des grands groupes.

Bibliographie

Annoot, E. (2012). La réussite à l'université : Du tutorat au plan licence, De Boeck.

Annoot, E., & Fave-Bonnet, M.-F. (Coord.) (2004). Pratiques pédagogiques dans l'enseignement supérieur : enseigner, apprendre, évaluer, L'Harmattan.

Berthiaume, D., Rege Colet, N., (2013) La pédagogie de l'enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques, tome 1 « Enseigner au supérieur », Peter Lang international academic publishers.

Colaux, C., Georges, F., & Poumay, M. (2013) « Apport des TICE dans la mise en place d'une pédagogie active pour les grands groupes », VIIe colloque : Questions de pédagogies dans l'enseignement supérieur (QPES 2012), [en ligne], URL : http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/150079.

Duguet, A., Morlaix,S. , (2012) « Les pratiques pédagogiques des enseignants universitaires : Quelle variété pour quelle efficacité ? », Questions Vives [En ligne], Vol.6 n°18 | URL : http://questionsvives.revues.org/1178.

Leclercq, D., Herremans, T., Englebert, L., Feyens, C., Lourtie, E., Malengrez, D., Delcomminette, S., Castaigne, J-L. Poumay, M. (2006). « Résultats expérimentaux d'une méthode (CAMEL) d'entraînement et d'évaluation des étudiants de première année universitaire », XXIIIe colloque international de l'Association Internationale de Pédagogie Universitaire (AIPU), [En ligne], URL : http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/23451.

Lison, C., et Jutras, F., (2014). « Innover à l'université : penser les situations d'enseignement pour soutenir l'apprentissage », Revue internationale de pédagogie de l'enseignement supérieur [En ligne], 30-1, http://ripes.revues.org/769.

Romainville, M. (2000). L'échec dans l'université de masse, L'Harmattan.

Romainville, M., & Michaut, C. (Dir), (2012). Réussite, échec et abandon dans l'enseignement supérieur, De Boeck.

 


[1] Grâce à un financement de l'Idex USPC dans le cadre des projets de « Pédagogie Innovante » auquel est associé Sapiens (Service d'Accompagnement aux Pédagogies Innovantes et à l'Enseignement Numérique de Sorbonne Paris Cité : http://www.sorbonne-paris-cite.fr/index.php/fr/formation/sapiens/441-service-daccompagnement-aux-pedagogies-innovantes-et-a-lenseignement-numerique-de-sorbonne-paris-cite-sapiens).

[2] Notamment l'apparition des parcours spécialisés dits « Mineure », obligatoires dès la première année de Licence.


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